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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:28
 
Jeudi 22 avril 2010, sur France 2, à 22h50,
un film de Virginie Linhart

Après les camps, la vie...

  
Peu explorée, cette "vie après les camps" éclaire avec subtilité l'intense sentiment de singularité des survivants juifs.
Rares, et fragiles puisque le temps avance, leurs témoignages égrènent soixante-cinq ans de souvenirs, d'interrogations sur la possible reconstruction...
Conjugués à des archives inédites et à des photos extraites des albums de famille, ils constituent une mémoire enfin exhumée.  
Marie Cailletet, TELERAMA
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 14:53

 

Samedi 13 mars 2010 de 15 h à 18h
à la LIBRAIRIE VERNISSAGE
192, rue de Courcelles - 75017 Paris
Charles Palant signera son livre
Je crois au matin

 Librairie-Vernissage.JPG

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 15:28

Pierre BERCIS, Arc en ciel, revue de Nouveaux Droits de l’Homme :

 

Charles Palant a un profil d’aristocrate et il est un vrai seigneur. Nul qui le rencontre la première fois ne peut imaginer la vie de cet homme hyper courtois qui a vécu une vie à nulle autre pareille… Charles n’a pas fait carrière. Il a affronté la vie l’a prise à bras le corps avec des règles très strictes hérités de ses parents : justice, solidarité, laïcité. En clair : fraternité. Ce livre est à lire de bout en bout et diffusé largement.

***

Claude BOCHURBERG, Actualité Juive, N° 1090 jeudi 22 octobre 2009

 

Charles Palant, médaillé militaire, commandeur de l’Ordre de la Légion d’Honneur appartient à ces hautes figures de la Déportation, dont le témoignage sous forme de publication était attendu depuis longtemps. C’est chose faite.

Son récit, fort de 400 pages, recueilli par Karine Mauvilly-Graton, vient de voir le jour sous les auspices de la FMS, en nous apportant, comme le note dans la préface Stéphane Hessel, ambassadeur de France, « de quoi nourrir notre désir de comprendre en toute lucidité d’où nous venons et où nous allons »…

 Charles a fait le choix de se battre jusqu’à aujourd’hui pour ses convictions. Son récit de guerre étayé de réflexions sur l(Histoire et la Mémoire, où se donnent à entendre également en filigrane son bonheur puis son chagrin, après la mort de Daisy en 2003, témoigne d’une vie dense au service d’autrui.

***

Mme Odette CHRISTIENNE, conseiller de Paris, délégué du Maire, corresp. Défense

 

J’ai parcouru dés que je l’ai reçu votre livre et bien sur je le relirai attentivement… pour mieux m’instruire.

J’avais eu quelques exemplaires de témoignages divers publiés pour certains par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah – œuvre indispensable que ces publications de témoignages directs indispensables – mais je dois dire que le vôtre, dense, riche et marqué par la rigueur intellectuelle donne tout son poids à ce combat pour la mémoire.

***

Mme Monique COMPREDON, professeur de lettres,

 

Ce livre ne ressemble à aucun autre de ceux que j’ai lus sur la Shoah. Peut-être rend-il toutes choses plus proches, plus vraies parce que c’est ta vie à toi, indissociable de l’Histoire, une vie commencée avant, poursuivie après, sans que tu aies fait un pas de côté pour t’en éloigner, au contraire, malgré la souffrance qui est un bagage dont on ne se défait pas.

***

Roland WLOS, La Presse Nouvelle, Magazine Progressiste Juif

 

…Charles Palant joue un rôle important dans la création du MRAP…

 Il évoque les personnalités qu’il a connues à la direction du MRAP dont il a quitté la présidence en 1995, à l’âge de 73 ans. Ces pages montrent la qualité et la diversité des dirigeants qui ont fait la richesse de cette organisation et les grandes luttes menées…

 C’est avec chaleur et une infinie tendresse qu’il parle de son couple, de ses enfants, l’émotion qui se dégage de ces pages constitue aussi un moment fort de ce livre…

 Les documents publiés en annexe complètent heureusement ce livre indispensable pour ceux qui veulent connaître et comprendre le cheminement du destin d’un juif français, victime du nazisme, engagé dés son plus jeune âge dans le combat pour l’émancipation humaine.

 

***

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 14:27

Le 13 décembre, à 16h30, au Musée-Mémorial de la Shoah, une rencontre a eu lieu, à l'occasion de la parution de l'ouvrage de Charles Palant Je crois au matin.*
Cette rencontre, animée par Maryvonne Braunschweig agrégée d' histoire a connu un vif succès et s'est déroulé devant un  public nombreux. Le débat s'est poursuivi durant deux heures, après quoi Charles Palant a signé plusieurs dizaines de livres. 

*Je crois au matin, Le Manuscrit, éditeur. 428 pages -  29,90 € est en vente à la librairie du Mémorial - 17, rue Geoffroy l'Asnier. 75004 Paris.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 12:57

 J’ai lu d’une traite Je crois au matin et cette lecture m’a bouleversé… Votre témoignage est vibrant, simple et époustouflant, c’est-à-dire extraordinaire et stupéfiant…Le style est vif, les phrases courtes et le ton juste… Le film à travers toutes les vicissitudes et les grandeurs du siècle précédent est un livre ouvert et frémissant. Puisse ce haut et grand témoignage être largement lu et relu…

 

M. José THORAVAL

président de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme  (2002 à 2008)

 

****

 

J’ai lu nombre de récits de vie. Peu - peut-être aucun - ont un ton aussi simple et direct. On sent - et je le connais bien - le charmeur, le beau et bon parleur, ce qui lui a valu, avec la netteté de sa ligne de vie, de conduite de vie, d’être reconnu meneur, responsable de groupes plus ou moins importants… C’est un exposé presque dépersonnalisé que l’on lit, que l’on entend, témoignage personnel, précis, détaillé mais porté sur un plan commun…

Donc mes vives félicitations pour avoir eu le courage de porter à bien ces confidences…

 

Mme Denise VERNAY

Secrétaire de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation 

****

 

J’ai lu (ton) livre avec empressement, j’en ai été récompensé. J’ai retrouvé l’homme que je connais, sa clairvoyance, son engagement, sa personnalité à côté du monde, pour moi inconnu, de Belleville. Bien des jeunes devraient déceler dans sa lecture à la fois un modèle et bien des sujets de réflexion qui incitent à « croire au matin »…

 

M. Raphaël ESRAÏL

président de l’Union des Déportés d’Auschwitz

 

****

 

J’ai d’un trait avec émotion les plus de quatre cents pages de ton livre. Ta plume n’a rien à envier à ton verbe ! C’est tendre, c’est bouleversant, c’est le même plaisir que je ressens lorsque je t’écoute parler…

 

Maître Pierre MAIRAT

ancien président du MRAP

 

****

 

Un grand merci, cher Charles, pour votre beau livre. Il m’aura fallu l’espace d’une nuit pour le dévorer. Je n’ai pu quitter vos mots, attaché à cette belle langue et à l’émotion suscitée par ce témoignage. Passionné d’histoire, fortement intéressé par le drame de la Shoah, j’ai couru dans vos phrases, bouleversé par la véracité du récit. Encore bravo et merci pour cette nouvelle et belle pierre apportée à une mémoire si vitale.

 

Michel ETIEVENT

Écrivain

****

 

…Le livre de Charles Palant ne se lit pas comme beaucoup d’autres déjà publiés sur le même sujet. D’abord, il commence comme une description de la vie des Parisiens des années qui ont précédé la guerre…

…La guerre arrive et commence la chasse impitoyable…à la « race » juive. Charles Palant, avec sa patience, sa générosité, sa franchise décrit le régime nazi dans toute son horreur. …Derrière celui qui écrit avec lucidité ces tortures, on sent un homme martyrisé, humilié mais jamais vaincu...

…La lecture de ce récit est attachante car Charles Palant nous emmène avec lui  sur son parcours. On ne s’apitoie pas. On est avec lui.

 

Mme SYLVIE

La Voix de la Résistance, journal du C.A.R.

 

****

 

Il y a beaucoup de chaleur humaine dans le livre de Charles Palant et des formules par dizaines qui touchent juste et fort…

Par petites touches sensibles, nous faisons        connaissance avec la famille, ce père si tôt disparu, cette mère qui ne peut plus subvenir aux besoins de tous, ce qui contraint le jeune Palant à quitter l’école…

 

L’université de Charles Palant, ce sera donc l’action syndicale et politique comme bien d’autres en ces années-là. Et puis, la guerre venue, ce sera aussi le combat pour sauver des femmes, des hommes, des familles entières…

Le 17 août 1943, Charles Palant est arrêté à Lyon avec sa mère et sa sœur. Les deux femmes sont exterminées dés leur arrivée à Auschwitz – Birkenau. Lui est affecté à Buna – Monowitz et bien plus tard à Buchenwald…

 

Et puis ce sera le retour, difficile comme pour tous les déportés, les engagements multiples particulièrement au sein du MRAP dont il sera une figure éminente (secrétaire général, vice- président) et un semeur d’idées infatigable en même temps qu’un orateur constamment soucieux de pédagogie…

 

M. Jean-Pierre VITTORI

 

Le Patriote- Résistant

Journal de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP)

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 15:30

Couverture1-Livre.jpg

Je crois au matin -  420 pages - Le Manuscrit éditeur - prix : 29,90€.

Commandes : www.manuscrit.com   -  www.amazon.fr - www.alapage.com


                  Librairie du Mémorial de la Shoah

                  rue Geoffroy l’Asnier - Paris 75004

                  Union des Déportés d’Auschwitz

                  39, Bd Beaumarchais – Paris 75003

                  chez l'auteur, franco contre chèque 29,90 €
                  Charles Palant, 114 rue Blomet - 75015 Paris
                                     dédicace à la demande

 

 

JE CROIS AU MATIN est le récit dans lequel je ME raconte. Je délivre ce que ma mémoire a retenu de mon enfance, de ma jeunesse, de ma déportation, de ma vie d'homme, de militant engagé.

 

Ce n'est pas, à vrai dire, une biographie. Je n'ai pas le savoir-faire de l'historien, ni le talent du chroniqueur. Mon livre est le recueil de souvenirs des choses vécues et des expériences accumulées.

 

Je ne me donne pas en exemple. Et je n'ai de comptes à régler avec personne.

 

J'affirme, ça et là des convictions. Aucune n'est comminatoire. Je le fais avec la fermeté d'une main tendue, ouverte et franche. Je déteste la main molle.

   

 

Ch P.

 

 

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 13:37

Crématoires et hauts fourneaux


Un entretien avec Charles PALANT

 

Propos recueillis par  Bernard WEISZ

l’Humanité le 14 Février 1979

 

 

Jeune militant antiraciste, Charles Palant a été déporté avec sa famille. Lui seul est revenu…

Après Auschwitz il connaît Buchenwald. C’est au moment de la libération de ce camp qu’il devient membre du Parti communiste français.

Il évoque ci-dessous le fonctionnement de l’industrie concentrationnaire. Charles Palant est vice-président du « Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples »

Plus de trente ans après a-t‑on une connaissance exacte de ce qui s’est passé ?

 

  Les études les plus sérieuses, notamment celles du professeur Georges Wellers dont j’étais un des compagnons de détention, établissent d’une façon incontestable la déportation de cinq millions huit cent mille juifs .D’ailleurs ceux qui contestent Auschwitz ne contestent pas le chiffre. Ils contestent tout. Non seulement, ceux-là veulent banaliser le crime, mais encore le nier totalement.

 

  On a su très vite que le chiffre était exact. Avant la guerre il y avait trois millions cinq cent mille juifs dans la seule Pologne. Après la guerre les chiffres les plus optimistes donnaient cent mille survivants…

 

  Quand je suis arrivé à Auschwitz, nous étions mille dans le train. Sept cents ont été gazés et les autres envoyés sur un chantier. Ce chantier appartenait à l’« I.G. Farbenindustrie ». Après avoir été dépouillés de tout et livrés au travail (on construisait une usine qui commençait à produire du caoutchouc synthétique) le nazisme est, pour moi, sorti de l’anonymat. Sur ce chantier, de 60 kilomètres carrés, d’immenses enseignes éclairaient le nazisme car elles portaient les noms des grands trusts allemands qui participaient à la construction de ce complexe.

 

  Les SS détournaient 9/10ème du prix qu’ils encaissaient pour notre travail. Ils nous laissaient nous épuiser et mourir de faim parce qu’ils avaient le renouvellement de la main d’œuvre facile. Il leur suffisait de rafler à travers l’Europe les Juifs, les Tsiganes…

 

  Lorsqu’on envisage le système concentrationnaire, on a tendance à la traiter de façon statique. Il a connu pourtant des variations.

 

Les camps ont commencé pratiquement avec l’avènement de l’hitlérisme. D’abord le régime nazi a besoin de terroriser, d’hypnotiser le peuple allemand. Les circonstances livrent à Hitler les opposants et les Juifs qui sont la minorité. Elle sert d’exemple et permet de dire : voilà ce que je fais de ceux qui ne sont pas avec moi. Nous avons tous les droits sur eux.

 

  Pour une large part, le peuple allemand est terrorisé par le déferlement de la persécution antisémite et contre les opposants. Puis commence la deuxième étape avec l’occupation des pays d’Europe : la persécution en vue de l’extermination massive. Mais ce massacre c’est aussi le vol organisé sur les biens de millions de gens. Ce sont des millions d’hommes et de femmes à qui on a pris leur situation, leur demeure, leurs biens.

 

Après vient le tour des objets les plus intimes. Il y a à Auschwitz des amoncellements de brosses à dents, de cheveux récupérés, de dentiers, de peignes, de chaussures d’enfants…

 

Quand on sait que cela s’est exercé à cette échelle, on comprend qu’au départ de la persécution raciste, il n’y a pas d’innocence économique.

 

Si on méconnaît l’aspect économique il manque l’explication essentielle au pourquoi des choses. Non seulement au pourquoi de la bestialité d’Hitler et de ses complices, mais on passe sous silence le non moins bestial consentement de ceux qui tout mis à la disposition d’Hitler. Auschwitz qui se prononce comme un cri de bête fauve est un phénomène qui a duré trois ans. C'est-à-dire que pendant mille jours et mille nuits, on a acheminé en priorité sur tous les impératifs militaires, les trains de la solution finale.

 

Même après Stalingrad, et jusqu’aux derniers jours qui ont précédé la défaite, ces trains avaient priorité sur tout le reste. On ne peut pas mettre ça sur le compte de la méchanceté. Si on exclut de l’analyse les implications économiques, reste le croquemitaine descendu du ciel sur l’Allemagne. De la sorte, on se condamne à ne rien comprendre et à nier le combat antifasciste. Moi je sais que dans le ciel allemand, au temps où Hitler régnait, se confondaient la fumée des crématoires et la fumée des hauts-fourneaux, et que les uns brûlaient au profit des mêmes.

 

Quand, en 1942, on décide la solution finale de la question juive, on extermine à tout va. A partir de 1943, dans les cerveaux démoniaques des dirigeants nazis, une lueur surgit : il y a là une main d’œuvre et on en a besoin. Les camps deviennent alors les grands pourvoyeurs de main d’œuvre.

 

  Comment l’antisémitisme a-t-il pu fournir la substance d’une entreprise unique par sa conception, son but et ses méthodes ?

 

  L’Europe de l’entre deux guerres c’est l’Europe de l’antisémitisme moderne. L’affaire Dreyfus n’est pas si loin. On a pu isoler sans grand mal la minorité juive dans la plus part des pays d’Europe non pas parce que tout le monde était antisémite, mais parce que sous la terreur, chacun se console de voir que c’est l’autre qui est concerné.

Quand on arrêtait les juifs en 1941 dans les rues de Paris, j’ai vu des gens pleurer et d’autres tourner la tête, préférant ne pas  voir. Quand le service du travail obligatoire enlevait le fils du voisin du troisième étage, celui du deuxième faisait semblant de ne pas voir. C’est inhumain mais c’est humain.

 

  Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de méchanceté antisémite dans le cœur d’un grand nombre de gens. Mais prétendre par là que l’extermination était la bienvenue, c’est lâche à l’égard des sacrifices consentis par des gens de toutes origines pour vaincre l’hitlérisme.

 

  Il y avait un contexte qui prédisposait à l’indifférence. Mais je me souviens que pendant la guerre d’Algérie des gens aussi préféraient ne pas savoir qu’on tuait des Arabes dans leur quartier, à quelques centaines de mètres de leur logement.

 

  Jamais l’assassinat en chaîne n’avait été élevé au rang de but en soi. L’efficacité de l’analyse économique n’en est-elle pas entravée ?

 

  Il y a de nombreux aspects à la vérité et je ne reconnais à personne la possibilité de détenir toute la vérité. Cela dit, si l’analyse économique ne fournit pas l’explication globale, on ne saurait l’exclure.

  Bien sûr, la douleur je la respecte, d’autant que je la partage (j’y ai laissé ma mère, ma sœur, ma jeunesse), les souvenirs aussi, (mes nuits de cauchemars n’appartiennent qu’à moi), le seul regard douloureux sur la vérité est insuffisant. Il faut également porter sur la vérité un regard lucide.

 

  De ce point de vue Holocauste contribue bien peu à éclairer ces données.

 

  Tout en soulignant ce qu’il y a de scandaleux à cacher au public des films réalisés par des Français respectueux de la vérité historique, je crois que l’on doit se féliciter de la diffusion d’Holocauste. Car le combat antifasciste sera au cœur des discussions passionnées, suscitées par le film.

 

  Il sera également important à cette occasion de rappeler le rôle néfaste du régime de Vichy, complice des persécutions hitlériennes.

 

  Non, l’époque où les Darquier de Pellepoix et les Bousquet envoyaient à la mort des enfants juifs par milliers n’était pas « l’époque où les Français ne s’aimaient pas… » comme prétendent les faussaires qui tendent à renvoyer dos à dos bourreaux et victimes.

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 15:49
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 15:20

 

 

Le terrible parcours

 

J’ai été arrêté le 17 août 1943 à Lyon. Ce lundi matin, la gestapo vint à la maison, un modeste logement que nous avait sous-loué…un gardien de la paix. Ma mère et ma sœur furent arrêtées avec moi. Nous avions été dénoncés par un trio de crapules de la Milice.

 

Conduits à l’Ecole de Santé militaire, alors siège de la police allemande à Lyon, nous y sommes enfermés dans une des caves. Le soir même, après l’interrogatoire que je suis le seul de nous trois à subir, nous sommes amenés au Fort Montluc.

 

Résistants et otages y sont en surnombre dans les cellules. Tous les détenus juifs ont été assemblés dans l’atelier réfectoire, au rez-de-chaussée. Une mini société vit là dans l’attente de l’appel du matin à l’issue duquel nous voyons partir, tenaillés par l’angoisse, ceux qui sont appelés à l’interrogatoire, au siège de la gestapo.

 

Une fois par semaine une liste, de plus en plus longue, est lue par le commandant de la prison. Ce sont les partants pour Drancy, près de Paris, d’où ce sera la déportation.

 

Un matin de septembre c’est notre tour. Nous sommes réunis dans la cour. Les hommes sont menottés par deux. Un car nous mène vers la gare de Perrache. Dans les rues de Lyon, des hommes, des femmes vont et viennent, libres.

 

A Drancy, nous sommes dépouillés de ce qui a échappé aux fouilles précédentes. En échange d’un dernier billet de banque, un reçu nous est remis nous informant que la contrepartie nous sera versée en zlotys au terme du voyage prochain dont nous apprenons ainsi que la destination est la Pologne

 

Le 7 octobre, à l’aube, dix autobus parisiens se rangent bien alignés devant l’entrée du camp de Drancy. Ils sont là pour emmener mille Juifs, hommes, femmes, enfants, de tous âges, de toutes conditions, vers la gare de Bobigny, à quelques kilomètres de là d’où, entassés dans les wagons à bestiaux de la SNCF, ils quitteront leur pays de naissance ou d’accueil pour un voyage sans retour.

 

Trois jours, trois nuits. Le matin de 10 octobre, le train s’est arrêté. Avant même que les portes des wagons ne soient déverrouillées, les hurlements des Allemands, les aboiements des chiens indiquent que nous sommes arrivés. Hommes et choses sont extraits des wagons, à coups de crosses, à coups de bottes. Sur la rampe d’arrivée à Auschwitz il fait déjà froid ce 10 octobre 1943.

 

Plus encore que nos corps, nos cœurs se glacent d’effroi. Des parents se cherchent que la cohue a séparés. Mais qui donc sont ces fantômes squelettiques vêtus d’habits rayés, qui au pas de course, enlèvent nos valises, nos sacs, les jettent pêle-mêle dans des chariots. Déjà nous sommes en rangs et l’invraisemblable cortège s’avance vers une sorte de jury composé de trois SS galonnés dont un seul, d’un geste de la main ordonne : « à droite, à gauche, à gauche à droite…

 

Ceux de droite sont poussés vers des camions dans lesquels il faut grimper, vite. Nous nous regardons. Nous ne sommes que des hommes, les plus jeunes du convoi. Les camions se mettent en route. Dix kilomètres à peine. Vite, vite, il faut descendre, se ranger par cinq, marcher.

 

Nous sommes dans le camp de concentration de Buna-Monowitz-Auschwitz III. Alignés sur cinq rangs, les SS nous comptent et nous recomptent. Nous sommes deux cent soixante. Figés au garde à vous. Dans toutes les têtes trotte la même question : que sont devenus les autres, les femmes, les enfants, les vieux, les frères, les sœurs ? Un ordre claque : « Déshabillez-vous, schnell, schnell. La traduction de l’allemand est simultanée à coups de poings et de pieds. Il faut s’exécuter. Nous voici nus, puis rasés, le crâne bien sûr, sous les bras, entre les jambes et enfin poussés sous la douche. Elle est chaude. Nous sommes tatoués sur l’avant-bras gauche. Ce numéro est désormais notre seule identité autorisée. Je deviens le 157.176.

 

Les effectifs du camp de Buna-Monowitz étaient d’environ douze mille déportés, originaires de tous les pays de l’Europe occupée par l’Allemagne hitlérienne. Il avait été ouvert en octobre 1942 pour fournir une partie de sa main d’œuvre au géant allemand de l’industrie chimique I.G.Farben Industrie. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, prisonniers de guerre, requis civils et affectés spéciaux allemands travaillaient là sur un chantier de soixante kilomètres carrés, à la construction d’un vaste complexe destiné à produire du caoutchouc synthétique commercialisé sous le nom de Buna.

 

Le camp de concentration de Buna-Monowitz, ainsi que trente-neuf autres camps de moindre importance, étaient tous la propriété de I.G.Farben Industrie. La durée moyenne de survie d’un déporté y était de trois mois. Les conditions inhumaines de travail, les appels interminables, matin et soir, la promiscuité, le manque d’hygiène, la sous alimentation, les brutalités des SS, secondés par d’impitoyables kapos souvent issus de la pègre, avaient rapidement raison du plus grand nombre. En outre d’imprévisibles « sélections » survenaient au cours desquelles les SS désignaient de nouveaux quotas de victimes pour les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau.

 

Des deux cent soixante que nous étions le 10 octobre 1943, nous n’étions plus que soixante-quinze à Noël. Combien en restait-il, de notre convoi, un an plus tard, quand fut évacué le camp devant l’avance soviétique, le 18 janvier 1945 ? L’évacuation des camps de Haute-Silésie vers l’intérieur de l’Allemagne, connue sous le nom de « la marche de la mort », allait coûter en vies humaines la moitié des soixante mille détenus partis à pied, par un froid de moins vingt degrés, chaussés de claquettes en bois, vêtus de « rayés » légers, sans nourriture et que les SS abattaient sans pitié au moindre signe d’épuisement.

 

Après trente heures de marche nous sommes en vue d’une gare. Un train est là qui nous attend. Il est formé de plusieurs dizaines de fourgons découverts dans lesquels nous devons nous entasser, cent et plus par fourgon. Nous tombons les uns sur les autres, épuisés, affamés, frigorifiés…

 

Le convoi s’ébranle, roule quelques heures, s’arrête en rase campagne, repart, s’arrête encore. Dans chaque fourgon il y a des morts, des mourants qui délirent. Un matin, très tôt, le train s’est arrêté dans la banlieue de Prague. Notre wagon est sous un pont sur lequel des gens allaient à leur travail. Quand ils nous ont vus, ils nous ont jeté leur casse-croûte

 

Vingt-cinq ans plus tard, me trouvant à Prague pour mon travail, une femme me demande si c’est la première fois que je viens. Je lui répond que non, mais que la fois précédente je n’avais pu quitter le train et je lui raconte l’épisode du pont Ses yeux se remplissent de larmes. Elle se souvient que ce matin-là elle était sur le pont et qu’elle aussi avait jeté son casse-croûte…

 

Le train s’était remis en marche. Il nous mena jusqu’au camp de Buchenwald, tout près de Weimar où jadis s’étaient rencontrés Schiller et Goethe et naguère avait donné son nom à la première république allemande.

 

De partout, arrivaient à Buchenwald des déportés par milliers, « repliés » par les SS devant l’avance alliée. Une insupportable promiscuité régnait dans les vieux baraquements du petit camp. De toutes nos dernières forces nous nous accrochions à la vie. Nous savions la délivrance proche. Cependant la machine concentrationnaire continuait de fonctionner. C’est ainsi que je fus désigné pour partir avec un kommando d’« électriciens » dans un camp annexe de Buchenwald. Lors de l’examen de passage, je ne dus mon admission parmi les « électriciens » qu’à ma connaissance, imparfaite mais suffisante de…la langue allemande.

 

Deux jours, deux nuits de transport. La soi-disant usine à laquelle nous étions destinés n’était encore qu’un bois à défricher. Petit camp où nous n’étions que quelques centaines de détenus. Les poux, par contre, y pullulaient par milliers. Les jours s’allongeaient. Le printemps amorçait son élan. Après quelques semaines l’ordre vint de nous reconduire à Buchenwald. Nous y sommes revenus aux tout premiers jours d’avril 1945.

 

Le 11 avril, vers 14 heures, les sirènes mugissent. Une voix annonce : « Achtung, achtung, alarm nummer drei ! Attention, attention, alerte numéro trois! » Dans les blocks, c’est le silence des détenus anxieux. Le nez aux fenêtres, chacun se demande ce que signifie ce message jamais entendu jusque là. Soudain, on voit dans la cour s’avancer, tête nue, les mains en l’air, un SS, puis un second et encore un autre, suivis par des camarades qui portent une arme. L’insurrection est en train de libérer Buchenwald ! Les premières forces alliées n’atteindront le camp que deux heures plus tard.

 

Le lendemain, le commandant américain va ordonner à la population de Weimar de venir visiter Buchenwald pour en mesurer toute l’horreur. A l’adresse des militaires américains eux-mêmes, le Général Eisenhower dira : « Beaucoup d’entre nous ne savent pas pourquoi nous nous battons. Maintenant ils sauront contre quoi. »

 

Samedi matin, le 28 avril 1945, nous sommes de retour en France. Au centre de rapatriement de Hayange, en Lorraine, les « concentrationnaires » sont l’objet de bien des égards, et plus encore de la curiosité de tous. Premier repas servi, premier verre de vin, premières gauloises. Visite médicale sommaire, carte de rapatrié, prime de retour, mille francs ! Autour de nous, les K.G., prisonniers de guerre libérés qui croient revenir au « monde d’avant », tandis que nous revenons de « l’autre monde ». Les uns et les autres compatriotes et cependant si peu contemporains. Le soir venu, nous nous retrouvons à la gare puis dans les wagons de la SNCF, qui cette fois ne sont plus à bestiaux, mais de deuxième classe, avec de vraies banquettes sur lesquelles nous passons la nuit. La dernière nuit avant Paris. Dimanche matin, 29 avril 1945, Paris gare de l’est. Sur le quai des scouts s’affairent, nous tendent du café chaud, s’offrent à porter nos pauvres bagages.

 

Une dernière fois le rang se forme : « Les déportés devant ! » crie un officier. Derrière nous s’alignent les prisonniers de guerre et tout à la queue, les « déportés » du travail… »

 

La musique militaire entonne la Marseillaise. De nos yeux qui en ont tant vu coulent des larmes. Elles abreuvent les sillons de nos joues décharnées.

 

Dans la cour de la gare de l’Est, bien alignés, les autobus parisiens, nous attendent…

 Charles Palant - avril 2000

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